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LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES
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(CP : J.-L. Dolmaire/CG 92)
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Les violences conjugales : comment agir ?
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Un colloque a eu lieu le 20 novembre 2006 à l'hôtel du département. L'objectif : mieux comprendre pour mieux intervenir.
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Organisé conjointement par le conseil général et la délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité des chances, il a réuni plus de 330 professionnels, travailleurs sociaux, policiers, magistrats, professionnels de santé et membres d’associations.
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Un problème de santé publique
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Mobiliser tous les acteurs
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De l’écoute au soin
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Révélée par diverses publications, l’ampleur du phénomène est incontestable. "Les violences conjugales sont plus que jamais un sujet d’actualité (…). Mais c’est aussi un sujet de moins en moins banalisé, autour duquel les acteurs des Hauts-de-Seine se sont depuis longtemps mobilisés", a déclaré le préfet Michel Bart, en introduction de ce colloque.
Invitée d’honneur de ce colloque, Maryse Jaspard, sociologue et responsable de recherches à l’Institut national d’études démographiques, a présenté les principaux résultats de l’enquête nationale sur les violences envers les femmes (*), qu’elle dirigea en 2000 :
- une Française sur dix est en situation de violences conjugales,
- parmi les femmes vivant en couple, 24 % sont victimes de pressions psychologiques répétées, 2,5 % d’agressions physiques, 0,9 % de viols ou d’actes sexuels imposés.
Dans les Hauts-de-Seine, de récentes statistiques publiées par la direction départementale de la Sécurité publique confirment ce constat inquiétant. Ainsi, au cours des 10 premiers mois de l’année 2006, les services de police ont été sollicités 3 300 fois pour des faits en rapport avec une situation de violence conjugale, dont
1 400 interventions au domicile des victimes suite à un appel de détresse.
Un peu moins d’un tiers de ces faits ont donné lieu à une procédure judiciaire, dont 3 homicides, une tentative d’homicide, ainsi que 16 viols et agressions sexuelles.
(*) Enquête sur les violences envers les femmes en France, menée par téléphone auprès de 7 000 femmes âgées de 20 à 59 ans.
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Derrière la brutalité crue des chiffres, une question : comment agir face à des violences perpétrées dans le huis clos du foyer, comment aider les victimes à briser le silence en surmontant la peur, la honte, la culpabilité liée à la dénonciation ?
"La lutte contre les violences conjugales est un combat de longue haleine, délicat, précis, qui appelle un partenariat clair et actif", a rappelé Michel Bart. "Le sens de ce colloque est de témoigner des bonnes pratiques des professionnels, mais aussi de consolider le socle des actions menées en commun par l’État, le conseil général, les associations, les professionnels de santé et tous les partenaires impliqués dans cette lutte."
Anne Valla, commissaire de police à Vanves, a insisté sur l’absolue nécessité de respecter les choix de la femme victime, de faciliter sa prise de plainte et de savoir évaluer le degré de danger auquel elle est exposée.
Virginie Tilmont, substitut du procureur de la République au tribunal de grande instance de Nanterre, a détaillé les conditions de mise en œuvre des mesures répressives et protectrices prévues par la loi, notamment le placement sous contrôle judiciaire du conjoint violent, avec obligation de quitter le domicile conjugal.
Le docteur Roland Coutanceau, psychiatre responsable de l’antenne de psychiatrie et de psychologie légale de La Garenne-Colombes, a témoigné de son expérience de prise en charge des auteurs de violences conjugales, en soulignant le fait que l’obligation de soins peut permettre d’éviter certaines récidives.
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Le colloque a mis en valeur les différentes formes de prise en charge des femmes victimes de violences conjugales existant dans le département :
- service d’aide aux victimes d’urgence (SAVU 92),
- dispositif interassociatif Femmes victimes de violences 92,
- réseau de soins Victimo Île-de-France.
Ce tour d’horizon a permis de mettre en valeur certaines préoccupations partagées par les professionnels, notamment :
- la nécessité de sécuriser la "mise à l’abri" des femmes lorsqu’elles quittent leur conjoint violent,
- et l’importance de prendre en compte le traumatisme subi par les enfants ayant été témoins de violences conjugales.
"La violence conjugale est une violence protéiforme, qui n’épargne aucun milieu social ni culturel", a conclu Philippe Juvin, vice-président du conseil général en charge de la Cohésion sociale. "Face à cette violence, nous devons protéger celles qui ne sont pas en mesure de se protéger spontanément. Cela commence par la reconnaissance d’un traumatisme qui ne se "voit" pas toujours, mais dont nous devons mesurer les effets destructeurs."
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