Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) acquiert le domaine de Sceaux, en 1670.
Célèbre ministre du roi Louis XIV, il exerce son activité dans tous les domaines de l'administration publique, favorisant le commerce et protégeant les arts.
Il agrandit sa propriété par de nombreux achats de terrains et entreprit de grands travaux sur le site du château : construction de nouvelles façades, ailes et pavillons, dont celui consacré à l'Aurore, aménagement de l'entrée d'honneur et de communs, dotés d'un bain à chevaux, et une cascade.
Le fils aîné de Jean-Baptiste Colbert, le marquis de Seignelay (1651-1690) administra efficacement la Marine et la Maison du roi.
Il fit exécuter d'importants aménagements sur le domaine : une orangerie fut construite sur les plans de Jules Hardouin-Mansart et un grand canal, long d'un kilomètre, fut creusé.
Louis-Auguste de Bourbon (1670-1736), duc du Maine, fils du roi Louis XIV et de Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan, fut élevé par Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon.
Le duc du Maine, légitimé en 1673, accéda à l'égalité avec les princes du sang en 1694, puis fut déclaré apte à succéder à la couronne de France, en 1714.
Homme sage et savant, il fut marié, en 1692, à Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé (1676-1753), petite-fille du Grand Condé.
La duchesse du Maine, protectrice des arts, des lettres et des sciences, s'entoura d'une cour composée d'aristocrates, prélats et officiers, écrivains, notamment Fontenelle et Voltaire, artistes, magistrats et dilettantes.
Petit-fils du roi Louis XIV et de Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan, le duc de Penthièvre (1725-1793), grand amiral de France, gouverneur de Bretagne et grand veneur, possédait un domaine foncier considérable, constitué de nombreux châteaux et hôtels particuliers.
Ce prince mena une vie retirée et séjourna peu à Sceaux. Il ordonna de maintenir la beauté du domaine et fit ériger au nord des communs, pour l'un de ses intendants, un bâtiment qui existe encore aujourd'hui.
Lorsque la Révolution française éclata, le duc et ses biens furent respectés. Il était admiré pour son équité et apprécié pour sa générosité. En 1791, il fit don de Sceaux à sa fille, duchesse d'Orléans, épouse de Philippe Égalité et mère du futur roi Louis-Philippe.
Édouard-Adolphe-Casimir-Joseph Mortier, né en 1768, fut un des fidèles compagnons de l'empereur Napoléon 1er. Il se distingua notamment dans la conquête de Hanovre et aux batailles de Friedland, Dresde, Leipzig et pendant la campagne d'Espagne. Élevé à la dignité de maréchal de France, en 1804, il fut créé duc de Trévise, en 1808. Il mourut tragiquement lors de l'attentat de Fieschi, sur les grands boulevards, à Paris, en 1835, préservant, grâce à sa haute stature, la vie du roi Louis-Philippe.
En 1828, le fils du maréchal, Napoléon-César-Édouard Mortier avait épousé Anne-Marie Lecomte, fille du propriétaire de Sceaux.
Le second duc de Trévise accéda à la pairie sous la Restauration et fut nommé sénateur sous le Second Empire. Le domaine de Sceaux connut alors une nouvelle période de faste.
Puis, le second fils du duc de Trévise, Jean-François-Hippolyte, hérita la propriété. Sa fille unique, titrée princesse de Cystria, vendit le domaine au département de la Seine, en 1923.