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Samedi 30 août 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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Les créateurs du domaine de Sceaux


Ils ont créé le domaine de Sceaux


André Le Nôtre (Paris 1613 - id. 1700)


Le Nôtre, issu d'une famille de jardiniers, formé en compagnie de Charles Le Brun dans l'atelier du peintre Simon Vouet, obtint sa célébrité en aménageant les domaines de Vaux, Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, Versailles, Trianon et Marly, mais aussi Saint-Cloud, Chantilly, Clagny, Chaville, Meudon et Dampierre.
À Sceaux, le parc fut également l'œuvre de Le Nôtre et de ses successeurs qui ont utilisé d'une manière ingénieuse un terrain au relief accidenté. Sur l'axe principal, passant par la cour d'honneur, le château, les parterres et le tapis vert, sont greffés deux axes perpendiculaires : le premier suit l'allée de la Duchesse et la cascade, pour traverser l'Octogone ; le second est formé par le grand canal, creusé seulement à l'époque du marquis de Seignelay, fils de Jean-Baptiste Colbert.
Par un système d'aqueducs et de canalisations qui existent encore, Le Nôtre fit amener l'eau d'Aulnay et de Plessis-Piquet (Robinson).
De vastes perspectives, au dessin régulier, agrémentées de jeux d'eau et de statues, furent ainsi créées.

Charles Le Brun (Paris 1619 - id. 1690)



Il reçut une première formation dans l'atelier du peintre Simon Vouet, puis le chancelier Seguier, son protecteur, lui permit d'étudier à Rome pendant quatre ans, en partie sous la direction du peintre Nicolas Poussin. Il y découvrit les grands décors contemporains.
À son retour, protégé par Jean-Baptiste Colbert, il devint le premier peintre du roi Louis XIV, en 1662. À partir de cette époque, pendant laquelle il travailla à Sceaux et devint directeur de la manufacture des Gobelins, il fournit des projets pour tous les grands programmes décoratifs des palais royaux.
Il exerça une direction efficace sur les arts jusqu'à la mort de Colbert, en 1683.

Les Perrault


Claude Perrault (1613-1688), docteur en médecine, devint membre de l'Académie des sciences, en 1673. L'année suivante, il fut choisi par Jean-Baptiste Colbert pour faire partie du Petit Conseil, en compagnie de Le Brun et Le Vau, dans lequel étaient examinés les projets pour la construction de la façade est, dite "la colonnade", du palais du Louvre. Par ailleurs, Claude Perrault traça les plans de l'arc de triomphe de la place du Trône et de l'Observatoire de Paris.
Son érudition se révéla dans deux publications : L'Ordonnance des cinq espèces de colonnes et les Dix livres d'architecture de Vitruve, commentés à l'Académie d'architecture, fondement du classicisme.
De son côté, son frère, Charles Perrault (1628-1703), ancien avocat au Parlement, devint contrôleur général des bâtiments du roi, en 1672.
Il était devenu membre de l'Académie française, en 1671 ; à ce titre, en 1687, il donna lecture de son poème intitulé Le Siècle de Louis le Grand dans lequel il louait les auteurs contemporains, aux dépens des anciens. Afin de défendre sa thèse, il publia ensuite Le Parallèle des anciens et des modernes, en 1688-1696.
En 1697, Charles Perrault rédigea les célèbres contes fantastiques qu'il publia sous le nom de son fils, alors âgé de dix ans.

Antoine Le Pautre (Paris, 1621-1679)


Le Pautre, après le triomphe de Mazarin sur la Fronde, connaissant le goût du cardinal pour les édifices de la Rome baroque, lui dédia son recueil de dessins de plusieurs palais, en 1653, dans lequel il donnait libre cours à son imagination.
Dans les années qui suivirent, sa célébrité lui viendra de la création de l'hôtel de Beauvais, rue Saint-Antoine, à Paris. Sur un terrain contraignant, Le Pautre sut trouver des solutions ingénieuses et préserver une distribution parfaite. Les qualités architecturales de cette demeure furent appréciées par Bernin, lors de son séjour parisien.
En 1660, il obtint le contrôle général des bâtiments de Philippe d'Orléans, frère du roi Louis XIV. Ainsi, en 1667, il aménage la grande cascade du domaine de Saint-Cloud.
Plusieurs dessins, conservés au Musée national de Stockholm, désignent Le Pautre comme l'auteur des écuries de Jean-Baptiste Colbert, à Sceaux, au début des années 1670.
À la même époque, Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan, favorite du roi, le sollicita afin de dresser les plans de son château de Clagny, proche de Versailles.

Jules Hardouin dit Hardouin-Mansart (Paris, 1646 - Marly, 1708)


Petit neveu de François Mansart, Jules Hardouin fut chargé par le roi de la reconstruction du château de Clagny, près de Versailles, commencée par Antoine Le Pautre, pour Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan.
À Versailles, en 1678, après la paix de Nimègue, il fut chargé des vastes agrandissements du palais. Le projet comprenait la construction de la galerie des Glaces et des deux salons, de la Paix et de la Guerre, adjacents, l'adjonction de deux ailes au sud et au nord du corps primitif et diverses modifications aux façades situées regardant la cour de marbre.
Il fut chargé de construire également les écuries, contiguës aux trois avenues conduisant au palais, l'orangerie, plus vaste et monumentale que celle érigée précédemment par Le Vau, le Grand Trianon et le château de Marly.
À Sceaux, l'orangerie fut érigée sur ses projets, en 1686.
À Paris, il traça les plans de la nouvelle chapelle des Invalides, ornée d'un dôme abritant deux coupoles et aménagea les places des Victoires et Vendôme.

Jacques de La Guépière (?-1734)


Contrôleur général des bâtiments, il agrandit pour Charles-Henri Malon, intendant des finances, le château de Bercy. Il effectua des transformations à l'hôtel de la Ferté, rue de Richelieu, à Paris, en 1712.
La duchesse du Maine lui demanda les plans d'un élégant pavillon, constitué de plusieurs salons, celui du centre surmonté d'un dôme et agrémenté de terrasses bordées de balcons en fer forgé. Il fut érigé dans le jardin de la Ménagerie vers 1710. Seul le soubassement de cet édifice subsiste aujourd'hui.
La Guépière devint contrôleur des Ponts et Chaussées, en 1716. Il édifia le Pont du Roi, dit aussi des Belles Fontaines, à Juvisy, en 1728.

Jean-Michel Chevotet (1698-1772)


Il remporta le grand prix, en 1722, puis entra à l'Académie royale, en 1732. Le président Molé lui demanda de dresser les plans de son château de Champlatreux dont la décoration intérieure se poursuivait en 1757. Il rebâtit le château du Petit Bourg pour la présidente Chauvelin, transforma l'hôtel Perrinet de Jars, 33, faubourg Saint-Honoré, siège actuel du cercle Interallié et dessina les jardins du prince de Ligne, à Beloeil.
Sa notoriété engagea Louis du Plessis, maréchal de Richelieu, à lui demander des aménagements pour son hôtel particulier parisien et notamment la construction de l'élégant pavillon de Hanovre, à l'extrémité du jardin, dont la façade fut remontée, au début des années 1930, au sud-ouest du parc de Sceaux.

Augustin Théophile Quantinet (1795-1867)


Il fut formé à l'École des beaux-arts de Paris par les architectes Jean-Nicolas Huyot et Pierre Fontaine, actifs sous le Premier Empire et la Restauration.
Quantinet obtint le deuxième grand prix, en 1820, et passa quatre ans à la villa Médicis à Rome. Il devint ensuite inspecteur des bâtiments civils pour l'arc de triomphe de l'Étoile et le Palais de justice, à Paris.
Il traça pour le second duc de Trévise de nombreux projets, la plupart conservés au musée de l'Île-de-France, mais renonça à diriger les travaux de construction du nouveau château de Sceaux.

Joseph-Michel Le Soufaché (1804-1887)


Il reçut l'enseignement des architectes François Debret et Félix Duban, puis il entra à l'École des beaux-arts de Paris, en 1830.
Il travailla ensuite sous la direction de Charles-Eugène-Frédéric Neveu qui dirigeait les nouveaux aménagements du palais de Versailles.
Le Soufaché poursuivit sa formation sous la direction de Félix Duban, à l'occasion des agrandissements de l'École des beaux-arts, à Paris, et des restaurations du château de Dampierre, propriété du duc de Luynes.
Il s'orienta progressivement vers l'architecture privée et érigea de nombreux hôtels particuliers pour des familles aristocratiques et bourgeoises.
Il dirigea les travaux de construction et les aménagements intérieurs du nouveau château de Sceaux, de 1856 à 1862.

Gabriel Davioud (1824-1881)


Formé dans l'atelier de Léon Vaudoyer, Davioud reçut le second prix de Rome, en 1849.
Dans le Paris de Napoléon III, il fut l'un des fidèles collaborateurs du préfet Georges-Eugène Haussmann.
Devenu inspecteur du service des promenades et plantations de la ville de Paris, Davioud créa de nombreux aménagements pour les bois de Boulogne et Vincennes, les parcs des buttes Chaumont et Montsouris ainsi que de nombreux squares de la capitale.
Il sera aussi l'architecte des deux théâtres de la place du Châtelet, du palais du Trocadéro qui domina la colline de Chaillot jusqu'en 1938, des façades et de la fontaine de la place Saint-Michel.
Le second duc de Trévise lui demanda la construction du Petit Chambord, pavillon de garde de plan circulaire, coiffé d'un dôme, situé au bas de l'allée d'honneur du domaine de Sceaux.

Léon Azéma (1888-1976)


Élève de Gaston Redon à l'École des beaux-arts, à Paris, il obtint le grand prix de Rome en 1921.
Il construisit l'ossuaire de Douaumont, à proximité de Verdun et l'église de Saint-Antoine-de-Padoue.
Il fut architecte de la ville de Paris, chargé des promenades et des expositions puis architecte du ministère des Postes.
Léon Azéma et Jacques Carlu furent associés pour la construction du Palais de Chaillot, à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris, en 1937.
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