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Exposition "Carmontelle" à Sceaux : derniers jours
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"Les Quatre Saisons" permettent de découvrir un film d'avant le cinéma ! Une histoire qui mériterait d'être portée à l'écran... Profitez-en jusqu'au 18 août.
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Artiste et inventeur du Siècle des lumières, Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806), fut ingénieur durant la première partie de sa carrière. Via une boîte optique et des transparents peints, il fut à l'origine du premier film.
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Cette œuvre est entrée en 1982, par donation, dans le patrimoine du musée de l’Île-de-France à Sceaux, sur l’impulsion de Georges Poisson alors conservateur en chef. Georges Poisson avait obtenu du collectionneur qui le possédait, monsieur Caze, habitant à Igny près de Sceaux, la promesse de son legs au musée, après sa mort.
La conférence prononcée par Georges Poisson à cette époque a été publiée dans une revue historique accompagnée d’images tirées du transparent et reproduites en noir et blanc.
Le manuscrit, de la main de Carmontelle, figure à la fin de cet article. En effet, la principale source d’information que l’on possède sur Carmontelle et ses transparents est offerte par le catalogue de la vente de toutes ses collections, à son domicile, à Paris, lors de son décès en 1807.
Onze transparents réalisés par Carmontelle, de la période révolutionnaire jusqu’en 1802, n’avaient pas été vendus ; celui de Sceaux était daté de 1798 et portait bien le titre "Les Quatre Saisons". Il est effectivement le plus long (42 mètres), le seul qui subsiste dans son intégralité et le plus abouti du point de vue technique, riche en détails et en contrastes de couleur.
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En 1982, il était conservé dans une boîte ancienne qui n’était pas celle d’origine, mais ressemblait à la boîte optique décrite par Carmontelle. Une fois sorti, le dessin, doublé par une soie beige qui l’avait froissé, avait perdu l’intensité de ses couleurs.
Après son exposition en 1990, le transparent n’entrait plus dans sa boîte. Il demeura roulé sur lui-même et s’abîma davantage. Trois années auront été nécessaires afin de le restaurer, permettant parallèlement d’analyser les pigments et les papiers que Carmontelle avait employés.
Il a été également possible de reconstituer la boîte d’origine avec son mécanisme manuel, ceci afin de redonner sa réelle dimension au transparent : celle du spectacle ! Carmontelle a inventé cette boîte optique, l’a installée de jour devant une fenêtre (la pièce étant plongée dans l’obscurité) et de nuit devant une chandelle, pour divertir les spectateurs par le déroulement du transparent : une succession d’images animées qui racontent une histoire en continu. Le cinéma est né !
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Techniquement, Carmontelle s’était rendu compte qu’en peignant à plat il n’obtenait pas le même effet alors qu’en collant ses transparents contre les vitres et en les peignant à la verticale, dans la transparence du jour, il pouvait immédiatement juger de l’effet visuel du panneau.
Il dessinait au crayon, repassait parfois à la plume s’il voulait renforcer le trait. Ainsi, les cieux sont traités à grands coups de brosse avec de l’aquarelle légère, les éléments d’architecture sont soulignés, la plus belle part est faite au paysage qui dégage une grande fraîcheur.
Les personnages sont dessinés assez naïvement, peints en couleur chair et ensuite "habillés", ce qui leur donne une consistance réelle lorsqu’on les voit en transparence. Pour certains "effets spéciaux" comme les scènes de nuit, le clair de lune, l’astre passant derrière les nuages…, Carmontelle peint recto et verso ce qui ménage une sensation de profondeur.
La couleur n’est pas de l’aquarelle, mais une technique mixte très personnelle qui en outre est spécifique à chaque type de couleur ! Carmontelle donne précisément le secret de sa technique picturale, décrit la boîte optique, ses ouvertures, son installation, son mode d’emploi en somme, dans un mémoire adressé à la Convention en 1795 pour tenter de faire industrialiser son procédé (ce mémoire ou manuscrit peut être consulté à l’Institut d’histoire de l’art, rue de Richelieu, à Paris).
L’exposition qui s’ouvre le 18 avril 2008, à Sceaux, est une scénographie grandeur nature qui, dans les écuries et le musée de l’Île-de-France, reprend les paysages du transparent.
Carmontelle a ainsi représenté non seulement une conception du paysage, mais aussi l’image de la société du XVIIIe siècle, au Siècle des lumières.
Le transparent, numérisé et gravé sur CD, sera vendu avec le catalogue de l’exposition.
Alix Saint-Martin
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[ En savoir plus ]
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"Le cinéma de Carmontelle. Divertissements et paysages au Siècle des lumières", du 18 avril au 18 août 2008. Bâtiment des écuries de Colbert, musée de l’Île-de-France, parc de Sceaux - 92330. Entrée libre. Tous les jours, de 10 h à 18 h, sauf le mardi (fermé le 1er mai 2008). Visites guidées le dimanche à 14 h. Catalogue raisonné et CD-Rom. - Lire nos articles : > "Le voyage en images de Carmontelle" > Qui est Carmontelle ? - Voir le site du musée du château de Sceaux : www.chateau-sceaux.fr Publié le 18 avril 2008
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