A/ Je rappellerai tout d'abord les données budgétaires principales.
En 2004, le budget de l'Association Léonard de Vinci a été fixé à 23,791 M d'euros, en quasi stabilité par rapport à l'année précédente.
S'agissant des charges, le budget se décompose de la façon suivante :
- pédagogie (i.e . enseignement et administration scolaire) = 11,4 M d'euros, soit 48,2 % ;
- administration générale = 4,9 M d'euros (20,6 %) ;
- autres charges = 7,3 M d'euros (30,9 %).
S'agissant des recettes, les frais de scolarité versés par les élèves représentent 16,2 % des produits et les « autres produits » (notamment les produits des loyers versés par les écoles associées), 11 %.
Il est à souligner que les produits encaissés par le Pôle au titre des activités de formation continue vont à l'Institut Léonard de Vinci, filiale commerciale détenue à 100 % par l'Association Léonard de Vinci. Le chiffre d'affaires de l'Institut pour 2003 s'établit à un peu plus d'un million d'euros.
L'essentiel des recettes du Pôle provient donc des financements versés par le conseil général : celui-ci a pour sa part alloué une subvention de fonctionnement représentant 15,70 M d'euros (en sus de celle accordée au Centre de formation des apprentis, de 0,835 M d'euros). Le département supporte donc directement près de 66% du coût de fonctionnement du Pôle.
En outre, il convient d'ajouter à cette subvention de fonctionnement un certain nombre de postes supplémentaires de dépense assumés par le CG 92 dans le cadre de la Convention de mise à disposition signée en 1995 pour dix années :
Au titre du fonctionnement, tout d'abord :
- frais de gardiennage (1,7 M d'euros),
- ménage (0,6 M d'euros),
- entretien du bâtiment (0,44 M d'euros),
- maintenance (0,1 M d'euros),
soit un total de 2,8 M d'euros.
S'ajoutent en deuxième lieu, toujours dans le cadre de la Convention, 645.000 euros de dépenses d'investissement (construction / aménagements, acquisition de mobilier et de matériels techniques divers).
Par ailleurs, le Département prend à sa charge, hors convention, en 2004, près de 3,2 M d'euros, correspondant pour l'essentiel à des dépenses d'équipement informatique (1,7 M d'euros), de documentation générale, en particulier pour l'infothèque (0,3 M d'euros), de fluides et énergie (0,9 M d'euros).
Enfin, il est à relever que la Direction de la logistique du conseil général a pu être amenée à intervenir directement en régie pour des prestations mineures.
Au total, en 2004, au-delà de la subvention de 15,7 M d'euros, les dépenses propres au Pôle Léonard de Vinci inscrites sur le budget du CG 92 représentent 6,7 M d'euros (déduction faite du versement à la SEM 92 de l'avance de 2,9 M d'euros correspondant à des travaux d'extension des salles de cours suspendus en avril dernier).
Cette participation du Département au-delà des termes de la Convention s'explique par le souci légitime de veiller au bon entretien de son patrimoine : ces 55.000 m2 au cSur de la Défense représentent en effet (de façon approximative) un capital de près de 360 millions d'euros à la pérennité duquel le Conseil général doit veiller.
Néanmoins, et j'y reviendrai ultérieurement, par souci de lisibilité du budget du Pôle et afin de conforter l'autonomie de la gestion de l'Association Léonard de Vinci, il conviendrait, de privilégier en 2005 le principe d'une enveloppe globale.
B/ Il est important d'analyser le coût de la scolarité par élève :
Le rapport au conseil d'administration de l'Association Léonard de Vinci de 2003 fournit à cet égard des éléments précis.
Est ainsi calculé, pour chacune des écoles constituant l'Association, un coût objectif par élève, constitué de trois éléments :
- le coût de l'enseignement, qui correspond au coût de la scolarité, plus l'administration pédagogique et les autres frais des entités pédagogiques ;
- le coût global, hors patrimoine, qui correspond au coût de l'enseignement auquel sont ajoutés l'administration générale et les frais généraux ;
- le coût résiduel, qui correspond au coût global duquel on retranche les droits de scolarité.
Au total, pour chacune des trois écoles, les informations correspondantes sont les suivantes :
- pour l'Ecole de Management : le coût de l'enseignement par élève ressort à 5.146 euros et le coût global (hors patrimoine) à 8.036 euros, les droits de scolarité versés par les élèves étant en moyenne de 1.958 euros, le coût résiduel est donc de 6.077 euros.
- pour l'Ecole Supérieure d'Ingénieurs : ces chiffres sont respectivement de 12.312 euros (coût de l'enseignement) et de 19.059 euros (coût global), et de 17.277 euros (coût résiduel).
- pour l'Institut international du multimédia : ils sont de 7.625 euros (coût de l'enseignement), de 11.849 euros (coût global) et de 7.405 euros (coût résiduel).
Ces indicateurs traduisent une disparité importante dans la structure de coûts des différentes écoles. Ces différences s'expliquent notamment pour l'ESILV par la plus forte proportion d'étudiants bénéficiant du système de « réfaction » (les étudiants originaires des Hauts-de-Seine se voient appliquer des frais de scolarité très fortement réduits), mais également par le poids significatif des dépenses de recherche, de l'ordre de 500.000 euros, et des charges de fonctionnement des laboratoires.
S'agissant de l'Institut international du multimédia, on relève, par rapport à l'année antérieure, une relative dégradation du ratio « coût résiduel par élève » (augmentation de la charge de 300 euros) du fait que l'école supporte en 2004 les investissements préalables au changement du modèle pédagogique avec le passage à Bac + 5 et l'ouverture d'une classe préparatoire, à compter de la rentrée 2004, ce qui devrait permettre d'atteindre à terme environ 300 élèves.
A l'inverse, le ratio évolue à la baisse pour l'Ecole de management et l'ESILV, respectivement de 300 et 700 euros, ce qui semble traduire une meilleure maîtrise des coûts.
Sur le moyen terme, on doit souligner une forte diminution, depuis 1998, de la subvention ramenée à l'élève, et une stagnation de ce chiffre entre 2003 et 2004 (de 22.300 euros à 9.500 euros). Cette réduction s'explique par une meilleure maîtrise des dépenses et par une croissance du nombre d'étudiants permettant de mieux absorber les coûts fixes ; d'éventuels gains de productivité peuvent être envisagés par un réaménagement des plans de charge des enseignants et une optimisation de l'organisation.
C/ Les résultats en matière d'insertion professionnelle apparaissent plutôt satisfaisants
L'estimation des coûts de formation doit en effet être appréciée à la lumière des résultats obtenus en sortie de scolarité.
De ce point de vue, il apparaît que l'accès au marché du travail des diplômés de Léonard de Vinci se fait dans des conditions analogues à celles de la moyenne des autres grandes écoles.
Une des motivations initiales de la création du PULV tenait à la volonté de lutter contre les taux d'échec particulièrement élevés en premier cycle des universités publiques. A cet égard, les chiffres fournis par le ministère de l'éducation nationale indiquent que 65 % des étudiants seulement poursuivent leurs études dans la même filière au-delà de la première année du DEUG (en incluant les redoublements), 10 % des élèves s'orientant vers d'autres formations et 25 % décidant d'abandonner provisoirement ou définitivement leurs études.
Or, les résultats du Pôle témoignent de résultats différents : d'abord, le taux d'attrition, c'est à dire le pourcentage de ceux qui redoublent ou sont exclus à chaque fin de semestre est faible.
Par ailleurs, en termes d'intégration professionnelle, on note que :
- s'agissant de l'ESILV, sur 152 étudiants formés entre 2000 et 2003, 9 élèves seulement étaient en recherche d'emplois lors de l'enquête annuelle, les niveaux de rémunération se situant tout à fait dans la norme des écoles d'ingénieur (34.000 euros / an). Qui plus est, 7 élèves seulement éprouvaient le besoin de suivre un troisième cycle avant de rentrer sur le marché de l'emploi, ce qui illustre bien le caractère professionnalisant et immédiatement opérationnel de la formation reçue à Léonard de Vinci, formation semble-t-il appréciée par les chefs d'entreprises au vu de ces résultats.
Au demeurant, la Commission du Titre d'Ingénieur ne confère pas le droit de délivrer le titre d'ingénieur diplômé sans s'assurer des conditions de l'insertion des élèves. Pour l'ESILV, le fait d'avoir reçu cette habilitation de la CTI constitue une présomption que l'insertion se fait correctement et que Léonard de Vinci a réussi, pour la formation d'ingénieurs, le pari originel.
- S'agissant de l'Ecole de Management, selon l'étude menée sur la dernière promotion (2003), les chiffres sont les suivants : 55 % sont en activité professionnelle, 35 % poursuivent leurs études vers un troisième cycle et 5 % sont en recherche d'emploi. Les temps de recherche du premier emploi sont dans la norme, près de 90 % des élèves titulaires d'un CDD ou d'un CDI ayant été embauchés dans un délai inférieur ou égal à six mois, soit dans la moyenne des résultats de l'enquête de l'Agence Pour l'Emploi des Cadres (APEC) sur l'insertion des jeunes diplômés. Enfin, les niveaux de rémunération apparaissent satisfaisants (30 à 35.000 euros / an).
Le pourcentage relativement important d'élèves optant pour une poursuite d'études dans le cadre d'un troisième cycle, n'est pas très différent de ce qui est relevé au plan national, la tendance étant effectivement à l'acquisition soit d'un niveau de spécialisation accrue, soit d'une formation croisée complémentaire.
La poursuite d'études se fait largement en dehors de LdV, ce qui est une forme de reconnaissance par la communauté universitaire extérieure de la formation qui y est dispensée, dans la mesure où le recrutement en 3ème cycle se fait principalement sur dossier, c'est à dire sur titres et travaux.
- S'agissant de l'Institut du Multimédia, les données montrent qu'en dépit des soubresauts de la e-économie depuis 2000, l'intégration professionnelle des élèves est plutôt correcte, les effectifs concernés étant, il est vrai, beaucoup plus faibles, mais ceux-ci seront portés progressivement à 300 à terme, ce qui illustre, a priori, la bonne adéquation des formations dispensées avec les besoins du marché.