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Prendre le temps d’expliquer la science
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Le 16 février, au CNIT, "La science se livre" a délivré ses prix aux auteurs d’ouvrages scientifiques qui parlent le mieux au grand public. Rencontre avec Pascal Picq, paléoanthropologue et président du jury.
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La science à la portée de tous ? C’est possible mais pas n’importe comment. Voilà ce que nous explique Pascal Picq tout en faisant l’état des lieux de la diffusion des connaissances scientifiques en France. Et vous savez quoi ? On a tout compris.
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Savoir communiquer une information scientifique à un public néophyte, c’est tout un art. Un art que maîtrisent les invités de "La science se livre", une manifestation qui vise à sortir la science du placard. Et qui y parvient avec brio. Devenu incontournable, cet événement satisfait ceux qui veulent s’informer sur les avancées scientifiques, mais aussi les scientifiques qui ont besoin de rencontrer le public et de prendre le temps d’expliquer leurs recherches, de communiquer leur savoir. L’édition scientifique y est également encouragée par le conseil général, qui récompense les auteurs d’ouvrages de vulgarisation via un jury de scientifiques, journalistes et professionnels du livre.
Pour mieux comprendre comment les scientifiques transmettent leur savoir dans une société qui privilégie une information courte et rapide, nous avons interrogé le président du jury, Pascal Picq.
Paléoanthropologue au Collège de France, il a déjà 28 livres à son actif. Il participe à la réalisation d’expositions, de films et de CD-Rom et il adore rencontrer le grand public. Un maître en la matière.
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Pascal Picq : Nous sommes sensibles autant à la solidité de l’approche scientifique des auteurs qu’à la qualité du style et de la maquette. Et je peux vous affirmer que faire la diffusion d’un savoir scientifique, c’est un exercice extrêmement difficile. C’est pour cette raison que j’aime beaucoup ce prix.
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Pascal Picq : D’abord, je déteste le terme de vulgarisation scientifique. Il laisse entendre qu’il y a des scientifiques qui daignent dispenser un savoir édulcoré et simplifié vis-à-vis de ceux qui vont les écouter ou les lire… Quant à l’édition, en France on souffre d’un système stupide qui sépare les littéraires des scientifiques. Il y a peu de littérature scientifique à cause de cet héritage. Les littéraires étant rattachés au monde de la culture ne pensent pas à faire venir les scientifiques. D’où le terme de « culture scientifique », qui est complètement aberrant : la science fait partie de la culture !
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Pascal Picq : C’est difficile. Nous sommes dans un monde où l'on nous donne 5 minutes pour expliquer la relativité ! On n’a pas le temps de développer. Pourtant, la science ce n’est pas oui ou non : c’est plus complexe. Mais on est dans une époque où l'on assène les choses, où il est très difficile d’installer le temps d’un véritable débat.
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Pascal Picq : J’aime beaucoup ce que je fais, j’aime partager et surtout j’écoute les réactions des autres. En revanche, je n’ai pas de stratégie sur la diffusion des connaissances scientifiques. J’ai beaucoup appris avec Yves Coppens, notamment… Et même si chacun a sa façon de captiver la salle, ce qui nous anime tous c’est le bonheur de communiquer ce que nous apporte la science.
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Les Prix de "La science se livre" Le conseil général récompense les auteurs de sciences et techniques pour le grand public dans trois catégories : adultes, jeunes (9-14 ans) et enfants (4-8 ans) à travers les prix de "La science se livre". Remise des prix le 16 février au CNIT-La Défense.
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