Discours
de
Patrick Devedjian
Président du Conseil Général des Hauts de Seine
A l’occasion de l’élection à la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine
20 mars 2008
Nanterre
Mesdames et messieurs les conseillers généraux,
Je voudrais publiquement faire part de ma gratitude envers celles et ceux d’entre vous qui se sont prononcés en ma faveur.
Remercier deux fois ceux qui m’ont renouvelée leur confiance.
A ceux qui viennent de nous rejoindre, et prendre place pour la première fois sur les bancs de cette assemblée à bien des égards remarquable, je souhaite la bienvenue.
Le Conseil général des Hauts-de-Seine, comme vous verrez, est peuplé de fortes personnalités.
De grands destins sont passés ici, comme vous le savez.
A s’asseoir après Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy dans ce fauteuil, on prend le risque d’être facilement oublié.
Vous comprenez que je sois tenu de faire preuve d’un minimum d’ambition pour succéder dignement à mes prédécesseurs.
Alors vous me pardonnerez la hauteur de certaines exigences. Elles ne sont pas de mon fait. C’est ce qu’on appelle la continuité républicaine.
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Bienvenue à Patrick Alexanian et à Patrick Jarry, qui viennent donner du sang neuf à une opposition que nous espérons constructive.
Je souhaite, puisque nous entrons dans la durée, assurer cette présidence dans un climat apaisé.
J’y veillerai. En donnant le ton. C’est mon rôle.
La démocratie ne se porte jamais mieux que lorsque les échanges sont de bon ton.
Des désaccords majeurs n’impliquent pas la cacophonie.
Nous jouons la même partition.
Celle de l’intérêt départemental.
Bienvenue à Marie-Laure Godin, bienvenue à Marie-France de Rose, à Daniel Courtés, à Philippe Pemezec, de retour parmi nous.
Enfin, je souhaite la bienvenue à Jean Sarkozy, le benjamin de cette assemblée, qui est, paraît-il, le plus jeunes conseiller général de France.
Mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années… C’est, je crois, un dicton familial.
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Aujourd’hui c’est une nouvelle aventure collective qui commence pour nous.
Après une présidence de campagne c’est une présidence post-électorale que vous me confiez.
L’horizon est dégagé. Nous n’avons que l’intérêt général en ligne de mire.
A défaut d’avoir la même vue, nous avons les mêmes visées.
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J’ai été maire pendant 20 ans, je suis député, j’ai été ministre. Chacune de ces fonctions a ses règles, ses usages et ses clés.
On ne conduit pas un département comme une ville, ni comme un ministère.
A l’issue de ces premiers mois de présidence, j’en ai désormais la conviction.
J’en profite pour remercier l’administration départementale de m’avoir accompagné pendant cette période de découverte.
Outre la légitimité du scrutin, je crois avoir acquis de ces quelques mois de présidence la légitimité du terrain.
Aujourd’hui, je ne vous parle pas du haut du perchoir mais des 4 coins des Hauts-de-Seine.
Je viens tous les matins en empruntant la RD7. Autant vous dire que j’en connais les problèmes autant que le dossier.
Depuis le mois de juin, je suis allé dans beaucoup d’endroits. Certes pas encore dans toutes les villes.
Je suis allé dans les Circonscriptions de Vie Sociale, dans les PMI, à la Cité de l’Enfance, dans la plupart de services départementaux…
J’ai rencontré beaucoup d’agents, de concitoyens, travaillé avec toutes les directions et avec vous, mes chers collègues, bien sûr.
Oui, j’ai beaucoup appris. Et je crois pouvoir dire qu’à la faveur de ce « galop d’essai » le contour du projet que j’avais esquissé pour les Hauts-de-Seine, s’est précisé.
Il faut dire que la diversité de notre département n’a d’égale que la diversité de nos missions.
Notre département gère plus de 480 dispositifs.
Il est bien difficile de donner une cohérence à ce projet, si ce n’est à travers une philosophie.
Cette philosophie, c’est d’abord celle de la continuité.
Continuité de l’action entreprise, mais aussi de celle menée par mes prédécesseurs.
Cette philosophie, c’est aussi celle d’une ambition.
Une ambition pour les Hauts-de-Seine, auxquels je voudrais donner deux choses : un avenir et une identité.
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Dans ces grandes lignes, quelle est la couleur de ce projet et quel est son contour ?
Je n’apprends à personne que l’action sociale concerne plus de la moitié de notre budget et occupe plus de la moitié de notre personnel.
Dans le langage de l’entreprise, on peut dire que c’est notre cœur de métier.
Dans la langue française – que je lui préfère – on peut dire que ce sont les métiers du cœur.
J’y suis très attaché, même si je n’en parle pas volontiers.
En la matière, j’estime qu’il faut être aussi être efficace que discret.
Ce n’est pas un volet de la politique qui a vocation à être spectaculaire.
Il contient une obligation de pudeur.
Il y a parfois quelque chose d’indécent à mettre en vitrine ce que l’on fait pour ceux que le destin n’a pas favorisés.
La branche sociale de notre programme est essentielle. C’est une évidence politique et une nécessité humaine.
Nous en assurerons la pérennité si nous veillons à une gestion dynamique du secteur social.
Je voudrais l’articuler autour de trois principes :
- Le principe de proximité. Une proximité humaine et géographique, un maillage en réseaux. Nous devons nous rapprocher
de l’usager et de tous les acteurs concernés.
- Le second principe en découle. C’est celui de la réponse individuelle.
- Le troisième, il les anime. C’est de mettre au pouvoir l’imagination.
Ces principes, on les retrouve dans un certain nombre de schémas que nous avons élaborés.
Je pense au schéma du handicap que nous sommes en train de développer, et que l’Inspection Générale des Affaires Sociales cite déjà en exemple.
C’est un schéma global à portée individuelle.
Il offre une multiplicité de solutions d’accueil, laissant à chaque personne handicapée le choix de sa prise en charge. Et dans ce choix, une solution adaptée à son handicap et à sa situation personnelle.
Nous allons doubler le nombre de places en 5 ans.
La Maison Départementale des Personnes Handicapées est en train de prendre son envol. Le nombre de dossiers en attente est en diminution constante.
Je l’ai déjà dit à diverses reprises : dans ce domaine, je nous veux tout simplement exemplaires.
Au-delà d’une obligation d’efficacité, nous devons nous fixer une obligation de dignité.
Dans l’exercice quotidien de la solidarité, oublions les considérations partisanes !
Le « mieux » pour les plus démunis, pour les déshérités, nous n’y parviendrons que par des efforts conjugués. Par l’addition des bonnes volontés.
Pour cela, j’ai besoin des élus de terrain que vous êtes, que vous portiez au revers de votre veston, une étiquette bleue, rose, rouge ou verte.
C’est cette forme d’efficacité que je souhaite généraliser, et l’associer à l’originalité de nos actions.
De la même façon que je souhaite, autant que cela est possible, voir des modèles de solidarité active se substituer à la solidarité passive.
Je songe, en particulier, aux actions que nous menons dans le domaine du retour à l’emploi.
Nous allons mettre en œuvre, dans quelques villes test du département, des dispositifs d’emploi-orientation.
Cela consiste à établir un diagnostic personnalisé dès l’accès des personnes au statut de Rmiste.
Ceci, pour y apporter une solution individuelle, au cas par cas. Qui pourra aller de l’accompagnement social à la recherche directe d’emploi, en passant par des solutions intermédiaires.
Dès lors que nous obtiendrons des résultats concluants, ces dispositifs seront étendus à l’ensemble du département. Et menés par nos propres agents.
Au regard de l’action départementale, celui qui retrouve un travail passe du secteur social à celui du développement économique.
De celui qui est aidé à celui qui aide.
Je voudrais en dire quelques mots.
J’étais la semaine dernière au MIPIM, à Cannes, où nous avons dévoilé publiquement les noms des 5 agences d’architectes sélectionnées en finale pour la construction de la tour « Signal ».
La construction de cette tour de 300 mètres symbolisera le renouveau du quartier d’affaires de La Défense, où nous avons organisé, en début d’année, le premier Sommet Mondial du Développement Durable des Quartiers d’Affaires.
Les plus grands architectes du monde concourraient en espérant remporter ce projet phare, qui va initier la nouvelle dimension du quartier.
Au moment où le Président de la République décide de la création d’un secrétariat d’Etat au Grand Paris, je veux faire des Hauts-de-Seine l’autre moitié de la capitale.
J’en profite pour rappeler l’opportunité de l’opération Très Haut Débit 92, dont nous avons débattu récemment.
Une grande partie de cette opération qui consiste au câblage numérique des Hauts-de-Seine, jusque dans le moindre foyer, est prise en charge par l’opérateur concessionnaire.
Ce sont ces décisions, associées à une politique dynamique de pépinières d’entreprises, qui nous permettront de nous positionner à l’avant-garde européenne en matière de compétitivité des territoires.
Nous sommes là dans notre rôle, même si ce type d’initiative dépasse le cadre de nos missions fondamentales.
Le mariage de l’avant-garde technologique et du développement durable, ce sont les meilleurs arguments pour continuer à
attirer chez nous des entreprises du monde entier.
Et aucune d’entre elle, croyez moi, ne verra d’inconvénient dans le voisinage direct du Manhattan français.
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Tout ceci, je l’ai déjà dit, serait dénué de sens, si c’était une fin en soi.
L’économie pour l’économie, l’argent pour l’argent, c’est desséchant.
On ne peut envisager ces réussites qu’à l’aune des projets qu’elles nous permettent de financer.
L’aide sociale – nous l’avons vu – mais aussi des projets culturels qui sont, au fond, l’âme des Hauts-de-Seine.
Je veux donner aux Hauts-de-Seine une signature.
Une image qui dépasse celle d’un agrégat de territoires.
Une identité qui transcende celle des 36 communes, dont chacun porte la fierté, et à juste titre.
Il faut donner à tous nos lieux de culture une vie commune.
C’est tout l’enjeu de la Vallée de la Culture.
Nous allons faire renaître la Seine et ses berges.
Cela commence à l’île de Monsieur, où Charles Pasqua a initié la base nautique qui vient d’entrer en fonction.
Cela se poursuivra avec l’Ile Seguin, avec les Jardins Albert Kahn à Boulogne, avec le Parc de Saint-Cloud, que je voudrais ressusciter, avec la Manufacture de Sèvres...
Tous ces lieux émaillés de projets culturels dessineront la carte d’identité des Hauts-de-Seine.
Tout ceci étant, bien sûr, associé à une politique d’amélioration du cadre de vie.
Nous avons, vous le savez, de grands projets en matière d’espaces verts.
Je pense à l’extension du domaine de la Vallée aux Loups.
N’oublions pas que nous sommes le seul département de France à disposer d’un parc naturel urbain, à cheval sur Rueil, Vaucresson et Garches.
La qualité de vie, c’est aussi celle des déplacements.
Je vous proposerai le mois prochain un projet de 13 parcours buissonniers, ouverts aux circulations douces.
Nous travaillons aussi à l’élaboration d’un schéma de pistes cyclables, reliées entre elles.
Nous sommes en train d’étudier, en lien avec les municipalités, un système de location et de stockage des vélos à proximités des gares.
Vous savez le rôle moteur et pilote que nous avons sur les projets de transport en commun. Sur les lignes T1, T2 et T8 du tramway et les lignes M4 et M13 du métro.
Et puis, bien sûr, les chantiers du réseau routier départemental, dont nous allons améliorer la fluidité, avec un œil rivé sur le respect des contraintes environnementales.
Je veux une RD7 exemplaire !
Nous abordons ce projet en prenant en compte au premier chef les considérations paysagères.
Nous allons en profiter pour tourner les villes riveraines vers la Seine.
Rendre les berges aux habitants de Sèvres, Meudon et d’Issy-les-Moulineaux.
Ces projets sont évidemment associés à un programme d’amélioration du cadre de vie pour lequel nous avons signé avec l’ANRU des conventions ambitieuses.
Par ailleurs, nous poursuivons notre programme d’aide au logement en veillant en particulier à recréer des conditions de mixité sociale.
Ceci pour décourager l’émergence de phénomènes de « ghettoïsation » qui se sont généralisés dans le paysage urbain des départements de la couronne parisienne, en particulier.
Je tiens à rappeler que 80% de logements sociaux sont des constructions neuves (contre 57% à Paris et dans le Val de Marne), ce qui nous place en tête de la région Ile de France.
Je pourrais développer à l’envi ces sujets. Ceux-là et bien d’autres…
Je les vis intensément depuis 9 mois maintenant.
Ils seront au cœur de mes préoccupations au cours des 3 ans qui viennent.
Mon rôle, c’est de veiller à la cohérence de ce projet pour les Hauts-de-Seine.
Je demande à chacun d’entre vous de m’aider, à sa mesure, pour le faire vivre.
Autant vous dire que je compte sur vous.
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