Le baron James de Rothschild, banquier de 26 ans, hérite en 1817 d'un vaste domaine. Son attachement pour ses 30 hectares de verdure se traduit par la construction d'un somptueux château agrémenté d'un jardin anglais et français. Le parc devient célèbre tant par sa richesse et sa diversité végétales que par sa magnifique pièce d'eau.
En effet, le parc, "devenu l'un des parcs les plus grandioses, les plus accidentés et les mieux ornés des environs de Paris" (M. Gaucher), était constitué à l'époque :
- d'un parc paysager : créé vers 1860, selon un projet de Paxton remanié par M. Loyr ;
- d'un jardin français : dessiné par Eugène Lami, il a totalement disparu lors de la construction de l'hôpital A. Paré ;
- d'un jardin japonais : créé par un horticulteur japonais nommé Hatta entre 1900 et 1930, il est aujourd'hui complètement détruit. Seuls subsistent les arbres, à l'origine nanifiés puis ayant repris leur croissance normale ;
- du routin : cette partie de rocailles et bassins fut créée par M. Gaucher en 1924. Elle abrite la rivière bleue.
À la mort du baron en 1935, le domaine perd cette magnifique alchimie. La seconde guerre mondiale, l'édification de l'hôpital Ambroise Paré ou encore le raccordement de l'autoroute au périphérique ont détruit les jardins d'antan.
Néanmoins, le château en ruine, le bruit de l'eau qui ricoche sur la cascade, les zones d'ombre et de lumière dans la vaste prairie d'arbres laissent encore dans ce parc une atmosphère romantique.
Le parc s'étend aujourd'hui sur 15 ha. Peuplier d'Italie, hêtre pourpre, platane d'Orient... il faut suivre ces quelques indices pour se plonger dans cette alliance subtile entre l'Orient et l'Occident que le baron avait créée. En descendant la pelouse, un lac apporte une touche de fraîcheur au cœur d'un boisement et nous présente le ballet des canards de barbarie, des hérons cendrés et des colverts. Une ambiance exotique émane des conifères de la colline qui surplombe le pont rouge. Ils clôturent le jardin japonais que la ville de Boulogne veut faire renaître.