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Dimanche 23 novembre 2008

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PARCS, JARDINS ET PROMENADES

Issy : La fête des moissons au parc de l’île Saint-Germain


Une moisson sur une île en plein cœur de la ville, ça n’existe pas... Et pourquoi pas ? Reportage.


Une moissonneuse batteuse s’avance dans l’allée du parc. Elle se dirige lentement vers les parcelles de blé, de lin et d’épeautre prêts à se transformer en grains nourriciers.

Sous un soleil de plomb et un ciel bleu azur


Il est 14 heures, ce lundi 30 juillet 2007 au parc de l’Île St Germain. Face aux vestiges de l’ancienne caserne militaire, entre les Jardins imprévus et la grande pelouse, des céréales se balancent dans la brise. 
Une cigale chante. Un jardinier prépare le terrain en passant la tondeuse autour des micros parcelles de blé.
Devant un groupe de badauds intrigués, la moissonneuse batteuse louée pour l’occasion entre en action.
Sous un soleil de plomb et un ciel bleu azur, le spectacle est exceptionnel.
La machine agricole que l’on ne voit guère en plein cœur des villes procède à des rotations multiples. Dans un brouhaha de moteur, elle recrache la paille en un nuage de fumée.
En dix minutes, la première  parcelle est moissonnée. Les sacs de grains ventrus sont stockés au fur et à mesure et vont s’entasser à l’arrière d’un petit véhicule. Des enfants jouent avec le foin. La moissonneuse  repart vers les parcelles d’épeautre et de lin, disséminés entre mini champ de tournesols et carré de lentilles.

Des plantes messicoles en voie d'extinction


Le responsable du parc, Laurent Le Thiec, nous explique la démarche du jardin. En fait, il n’est pas question de cultiver des céréales pour les céréales, mais de s’en servir comme d’un  habitat pour plantes messicoles.
Sous cette appellation sont regroupées des fleurs telles que les bleuets, les nielles ou les coquelicots.  Elles accompagnent spontanément les cultures de moissons depuis longtemps. Mais elles sont en voie d’extinction pour cause de rendement agricole intensif. Considérées comme des mauvaises herbes, elles ont peu à peu disparues des paysages.
La conservation des plantes messicoles entrent donc dans un ambitieux projet de conservation de la richesse botanique (biodiversité). 
Dans le cadre de ce programme initié par le conseil général des Hauts-de-Seine, le roulement des cultures à une importance capitale pour ne pas appauvrir les sols et pour éviter les insectes ravageurs. Les légumineuses y sont cultivées pour fixer l’azote dans le sol.
A noter : le rôle des insectes pollinisateurs qui favorise la production de graines pour une plus grande dissémination dans le parc.

Olivier Ranke, agriculteur bio


Toute cette opération champêtre ne pourrait exister sans le partenariat avec un agriculteur biologique. Olivier Ranke possède une exploitation dans le Vexin. Il fournit les semences, les conseils, le plan de gestion et le suivi.
Selon lui, c’est la meilleure année :
 "Au bout de trois ans, on a quelque chose qui ressemble à des champs. Cultiver des céréales, c’est pas comme faire du jardinage. Le but, c’est de favoriser un maximum de plantes messicoles notamment le bleuet que l’on commence tout juste à revoir.
Les difficultés viennent de faire des plantes de grandes cultures sur des petites surfaces. Nous avons dû nous adapter avec un matériel de semis spécifique. Le travail de la terre sur un agro-système reconstitué et un sol tassé a nécessité de faire du bricolage avec des outils existants.
Cette année, nous avons une très belle parcelle de lin.  Ses graines riches en Oméga 3 servent principalement à faire de l’huile cependant interdite à la consommation en France."

Une récolte de plus de 200 kg


Au terme de l'après-midi de labeur, diverses variétés de blé et de légumineuses mélangées aux plantes messicoles ont été récoltés :
- 32 kg d'épeautre
- 65 kg d'engrain
- 32 kg de blé James mélangé avec des nielles
- 56 kg de féverole d'hiver
- ainsi que 19 kg de lentilles mélangées à de la cameline

L'idée de Laurent Le Thiec, c'est d'en faire à terme de la farine, puis du pain de l'île Saint-Germain ! Une affaire à suivre .... 
La partie de campagne  s’est terminée autour d’un verre à l’ombre du jardin clos. Une ancienne coutume a été évoquée : ramasser 7 épis de blé, les nouer et les garder dans sa maison constitue un porte-bonheur très apprécié.

Galerie photos


   
   
 fête des moissons à l'Île St Germain  Voir des images en grand format

[ En savoir plus ]


Tout sur les parcs des Hauts-de-Seine : Lire la fiche du parc de l'île Saint-Germain

Le site de la ferme bio d’Olivier Ranke : http://www.labergerie-villarceaux.net

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