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Vendanges : les vignes en fête
En octobre, les villes du "92" mettent à l'honneur leur récolte et leur patrimoine viticole. C'est la fête à Suresnes, à Chaville, à Rueil-Malmaison, Clamart...

Avec ses 4 500 pieds, la vigne de Suresnes est la plus importante des Hauts-de-Seine (T. Jullien/CG 92).

Avec ses 4 500 pieds, la vigne de Suresnes est la plus importante des Hauts-de-Seine (T. Jullien/CG 92).

Tour d'horizon du patrimoine viticole des Hauts-de-Seine.

 

L'Île-de-France a connu une longue tradition viticole, dont la trace est restée gravée dans le nom des rues et des sentiers : rue du Pressoir, des Pincevins, clos des Morillons... 
Depuis les années 1980, un regain d'intérêt entoure le vignoble des Hauts-de-Seine. Huit communes entretiennent des vignes municipales : Bagneux, Clamart, Chaville, Courbevoie, Rueil-Malmaison, Suresnes, Issy-les-Moulineaux et Meudon. Retrouvez, ville par ville, l'histoire de ces vignes.  

Prochainement, toutes les informations sur les fêtes des vendanges édition 2010 ! 

 

Un peu d’histoire dans les villes …

Bagneux
Bagneux est une ville de très ancienne tradition vinicole. Elle fit disparaître sa dernière vigne en 1965. Elle renoua avec son passé en réintroduisant au clos des Brugnauts de jeunes ceps en sauvignon et sémillon. La production est en vin blanc.
Fort apprécié, le vin balnéolais a été médaillé d'or en 1996 et 1997. Chaque année, la récolte du raisin donne lieu à une grande fête populaire.

Chaville
Plantée en 1989, la vigne de Chaville est une vigne municipale de 440 ceps. Ils se répartissent à parts égales en pinot noir et gamay. Taille, protection, traitements, vendanges, mais aussi élevage du vin sont assurés par les familles, les amis de l'association "Vivre à Chaville". 
Preuve de qualité juvénile de la vigne, mais aussi du travail, du récent savoir-faire, de l'amour des traditions de ceux qui la soignent, la première cuvée fut récompensée en 1998 par une médaille de bronze au symposium d'Île-de-France.

Clamart
Après une ultime vendange en octobre 1962 sur l'emplacement de l'actuel hôpital Béclère, plusieurs vignes subsistaient à Clamart. À l'initiative de la mairie, en septembre 1986, les propriétaires de ces vignes furent invités à rapporter leur récolte et ces raisins, de divers cépages.
Ils furent rassemblés puis pressés dans les serres municipales.
En 1987, la Confrérie du Clos de Clamart était créée sous la houlette de M. Pastré pour promouvoir le vin du Clos de Clamart.
En 1989, la vigne municipale fut plantée : 150 pieds de sémillon, sur 200 m2, dans ce qui, officiellement en 1990, sera appelé le Clos Franquet.
En 1993, la production globale tournait autour de 800 bouteilles d'un bon vin blanc. Symbole de qualité, le vin de Clamart recevait la médaille d'argent, au symposium d'Île-de-France à Gagny, en 1998.

Courbevoie

L'extinction des vignes au début du XXe siècle entraîna la fin irremplaçable d'un savoir-faire humain. Voulant renouer avec ses racines séculaires et viticoles, la ville planta en 1956, au parc de Bécon, 458 ceps de chardonnay, de pinot noir et pinot meunier.
En 1976, 130 ceps supplémentaires en sauvignon et chardonnay vinrent compléter ce bel ensemble. À la suite de déboires tenant aux plants, à l'inexpérience, au matériel devenu vétuste, on remplaça en 1990 l'ancienne vigne par 500 pieds de sémillon pour une vinification totale en blanc. 
La ville fit l'acquisition de matériel moderne et le travail reprit, cette fois avec succès.

Défense (La)
Une vigne au pied des tours ? L’idée a de quoi étonner et surprendre. Elle s’inscrit en tout cas parfaitement dans la volonté affirmée de l’EPAD (l'établissement publique d'aménagement de la Défense) de donner une nouvelle image du quartier d'affaires, plus conviviale, plus chaleureuse.
Elle est baptisée Clos de Chantecoq du nom de la butte autour de laquelle fut édifiée la Défense. Située au bas de l’esplanade, elle comprend 700 pieds de vigne de Pinot Noir et de Chardonnay plantés sur dix ares. L’ambition est de démontrer qu’il est possible, grâce à une viticulture de grande qualité, de récolter ces deux cépages à maturité et dans un bel état sanitaire en respectant les pratiques bio.

Issy-les-Moulineaux
Héritier d'un vignoble considérable, le domaine viticole d'Issy-les-Moulineaux était déjà désigné en 558 par une charte de donation de Childebert 1er. Il s'éteignit avec la première guerre mondiale.
Deux cavistes, Lucien et Yves Legrand, fondateurs du Centre culturel du vin, ont souhaité faire revivre cette longue tradition en chardonnay et pinot beurot. Ils en plantèrent sur 200 m2.
Propriété de la Confrérie Saint-Vincent calquée sur la Confrérie des vignerons d'autrefois, cette vigne a connu sa première vendange en 1992 avec des élèves de CM2.
Aujourd'hui, ces enfants pressent les grappes, dessinent également les étiquettes des bouteilles qui seront vendues au bénéfice de la caisse des écoles.
Le Centre culturel du vin, établi dans d'anciennes carrières aménagées pour la conservation du vin, reçoit des groupes d'enfants des écoles ou de visiteurs, venus s'initier au travail de la cave.

Meudon
À la suite des grandes dynasties vigneronnes qui, depuis le Moyen-Âge, assuraient la notoriété du vin de Meudon, la Confrérie du Clos de Rabelais a repris le flambeau d'une tradition éteinte en 1939.
C'est en 1994, dans le jardin haut du musée d'Art et d'Histoire de la ville qu'ont été plantés 250 pieds de vigne de cabernet franc, vendangés pour la première fois en 1995. Depuis, chaque année, les enfants des écoles assurent la récolte de ce Clos Rabelais à la mi-octobre.
La production du Clos Rabelais est en vin rouge.

Rueil-Malmaison
Pays viticole ancien, Rueil-Malmaison possède aujourd'hui une vigne municipale répartie sur deux sites distincts :
- Le premier est implanté sur les flancs du Mont-Valérien. Là, remplaçant une vigne abandonnée, 750 pieds en cépage sauvignon sont plantés sur 1 150 m2 exposés sud-ouest en terrain argilo-calcaire.
- Le second se trouve dans le quartier de Buzenval avec 150 pieds de sauvignon répartis sur 400 m2 d'orientation est-ouest.
À la mi-octobre, la Confrérie des Clos de Rueil-Buzenval organise et anime la fête des vendanges avec fanfare et défilé. Chaque année, sont intronisées des personnalités "faisant preuve d'un sens aigu du bon et du beau".
La promotion et la vente du vin blanc produit par le terroir de la ville sont ainsi assurées dans la bonne humeur...

 Suresnes
On ne peut évoquer la vigne en région parisienne sans parler de Suresnes. Au lendemain de la guerre de Cent Ans, l'Hôtel-Dieu de Paris y récoltait un vin léger, blanc ou rouge, pour ses malades. C'est plus tard, grâce aux petits vins appelés "vins guinguets", que nous trouvons l'origine des guinguettes.
Au XVIIIe siècle, le vin noble, bien travaillé, pouvait honorablement se comparer au champagne alors tout récent. Mais la décadence du vignoble survint et, malgré l'obstination de certains, le dernier vigneron indépendant quittait, en 1960, le versant sud-ouest du Mont-Valérien.
Était-ce l'extinction définitive ? Non. Grâce à Étienne Lafourcade, amateur et expert, on replanta en cépages blancs nobles – muscadelle, sauvignon, sémillon –, sur près d'un hectare, au Clos du Pas Saint-Maurice, ceci en 1965.
La vigne y est désormais classée en site protégé, ainsi préservée définitivement. Après un rude travail de reconquête, le vin de Suresnes a retrouvé une qualité reconnue parmi les crus français. Ce vin peut être acheté sur place, à l'office de tourisme.