|
|
Le programme au Mali : lutter contre l’extrême pauvreté et la malnutrition.
Le conseil général soutient des actions visant à réduire durablement la misère et la faim au nord du Mali (cercle du Gourma Rharous).
Les récentes sécheresses, combinées à des réserves en eau très limitées, font du nord du Mali l'un des espaces sahéliens les plus démunis. Le défi que doit relever le cercle du Gourma Rharous, c'est la mise en valeur de ses ressources agro-sylvo-pastorales, notamment par la fin de la désertification.
Le Mali : un pays désertique et vulnérable
Le Mali est classé 174e sur 177 selon l’indice de développement humain établi par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le pays souffre de sa situation enclavée et de sa grande vulnérabilité aux aléas climatiques.
La région ciblée - le cercle du Gourma Rharous - est un espace isolé qui présente des conditions de vie particulièrement défavorables : climat très désertique, inaccessibilité à l’eau potable et à la nourriture,manque d'infrastructures sociales et productives, dégradation des ressources naturelles.
En partenariat avec SOS Sahel, un programme global est ainsi mené sur plusieurs années, visant à améliorer les conditions de vie des populations de cet espace isolé en axant les interventions sur la lutte contre la malnutrition. Dans quatre communes du cercle de Gourma Rharous (Banikane, Hamzakoma, Rharous, Séréré), ces actions doivent permettre l’accroissement des revenus des paysans, l’augmentation de la production et de la productivité agropastorale, ainsi que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Un bilan favorable pour 2009 : un accès à l'eau amélioré et un recul de la malnutrition infantile pour la première phase d'activités
Au Gourma, le problème de l’accès à l’eau et à la nourriture se pose avec une acuité particulière.
La première partie du projet a permis de répondre aux problèmes les plus urgents, par la mise en œuvre des deux volets suivants :
- l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement ;
- le rattrapage nutritionnel d’enfants malnutris et la sensibilisation à la lutte contre la malnutrition.
Fin décembre 2009, cette phase a été achevée.
> Volet 1 : assainissement et approvisionnement en eau potable
Dans 4 communes (Rharous, Banikane, Séréré, Hamzakoma) de la bande du fleuve :
- réalisation de 14 points d’eau
- réhabilitation de 7 ouvrages hydrauliques
- structuration de 14 comités de points d’eau
- formation de 4 artisans réparateurs
- construction de 2 latrines dans 2 écoles
- réalisation d’une étude de faisabilité de l’adduction d’eau potable de Rharous et de sa gestion
Le taux de couverture en eau potable et l’accès aux moyens publics et privés d’assainissement de base sont améliorés.
> Volet 2 : rattrapage nutritionnel des enfants malnutris et sensibilisation à la lutte contre la malnutrition
- approvisionnement de 4 centres de santé communautaires de ces communes de la bande du fleuve en kits de rattrapage nutritionnel. Il s'agit d’une farine enrichie, qui permet en principe de récupérer en 2 semaines les enfants en état de malnutrition aiguë.
- formation de 60 nutritionnistes dans les villages : identification et suivi des enfants malnutris, conseils aux mamans sur l’importance du lait maternel et la préparation de repas adaptés.
L’impact du financement du conseil général en matière de lutte contre la malnutrition :
- amélioration de l’état de santé des enfants de moins de 5 ans : 614 enfants ont été soignés ;
- diminution de la morbidité et de la mortalité liées à la malnutrition ;
- augmentation de la fréquentation des centres de santé ;
- augmentation de la couverture vaccinale par le couplage des activités de nutrition et de vaccination.
En décembre 2009, une mission du conseil général a permis de rencontrer les acteurs locaux et de mesurer les actions réalisées
Dans le cadre du programme de lutte contre la malnutrition dans le cercle de Gourma Rharous, une mission du conseil général s’est rendue au Mali en décembre 2009.
Au terme de la première phase de ce programme, il était en effet important de rencontrer les acteurs du projet, de réaliser un bilan des activités et d’évoquer les perspectives pour les prochaines phases, consacrées à la relance de la production agricole et de l’élevage. Dans cette optique, un comité de pilotage s’est réuni à Mopti.
Parallèlement à la présentation du bilan 2009 et à l’analyse des activités prévues l’année prochaine, deux réunions thématiques sur l’eau et l’assainissement d’une part, et la situation nutritionnelle dans le Cercle de Gourma Rharous d'autre part, ont permis de mieux appréhender le contexte du projet ainsi que les réponses à apporter aux besoins exprimés.
Un fort impact a pu être mesuré en termes d’accès à l’eau potable, d’assainissement et de combat contre la malnutrition.
2010 : mise en place de la seconde phase de ce programme global consacré à la relance de la production agricole et de l’élevage
L’objectif de ce programme est de permettre aux habitants de la bande du fleuve de bénéficier d’une autonomie et d’une sécurité alimentaires durables.
Ainsi, en 2010, le programme prévoit des actions de développement axées sur le long terme, réparties en trois volets.
Volet 1 : Approvisionnement en eau potable
- Adduction d’eau potable de Rharous.
Volet 2 : Rattrapage nutritionnel d’enfants malnutris et sensibilisation à la lutte contre la malnutrition
- Rattrapage nutritionnel d’enfants malnutris : mise à disposition de kits alimentaires dans les centres de santé communautaire du Cercle
- Formations complémentaires à destination des 60 relais nutritionnistes villageois identifiés et formés en phase 1. Ils interviendront auprès des mères pour les familiariser à une meilleure alimentation sur la base des produits disponibles localement.
Volet 3 : Appui à la production agricole - préparation à la mise en place d’un périmètre irrigué villageois de 35 ha, extensible à 70 ha
- Réalisation d’études techniques et financières
- Établissement d’une convention locale de sécurisation foncière
- Attribution des parcelles du périmètre à 140 exploitants
- Mise en place d’une coopérative paysanne et structuration du comité de gestion
- Formations des responsables de la coopérative : gestion du périmètre, de l’adduction d’eau et du magasin, technique d’organisation, de coordination et de gestion financière, approvisionnement et commercialisation
- Formations des bénéficiaires de la coopérative : gestion, fonctionnement et entretien du périmètre, technique de production agricole et d’élevage
SOS Sahel mobilise de nombreux acteurs locaux pour la mise en place du programme.
L’association intervient essentiellement en partenariat avec le Syndicat intercommunal des communes de la bande du fleuve (Sicobaf), qui est le porteur du projet au niveau local.
Elle intègre aussi les comités villageois de développement et les services déconcentrés de l'État, afin d'inciter l’ensemble des acteurs locaux à agir de concert pour leur propre développement.
Le 22 octobre 2010, le Conseil général s’engage dans une troisième phase d’activités destinée essentiellement à mettre en place un périmètre irrigué
La troisième phase s’inscrit dans la continuité des activités entreprises en phase I et II avec en perspective, suite aux études menées, des actions spécifiques d’appui à la production agricole et à l’élevage.
Dans ce cadre, la mise en place d’un périmètre irrigué contribue à une diversification alimentaire, à la réduction de la malnutrition infantile et à une augmentation des revenus des populations ciblées.
Parallèlement, le projet appuiera le développement de l’élevage, à travers la réalisation d’un puits pastoral, permettant de freiner la décimation des troupeaux dans la zone, et des actions de valorisation des résidus de récolte pour l’alimentation des ruminants.
Enfin, une reforestation compensatoire du périmètre (13 692 pieds d’arbre plantés, en lieu et place des 350 arbres détruits par l’aménagement du périmètre irrigué) atténuera l’impact du projet sur l’environnement.
Zoom sur SOS Sahel
SOS Sahel, association reconnue d’utilité publique qui a son siège à Asnières, mobilise de nombreux acteurs locaux pour la mise en place du programme. L’objectif de l’association créée en 1978 est de soutenir les initiatives des populations sahéliennes pour assurer l’amélioration de leurs conditions de vie. SOS Sahel intervient pour assurer la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification, avec des axes forts dans le domaine de l’accès à l’eau, la protection de l'environnement, l’agriculture, la santé, l’économie et la formation. Elle intervient à Rharous depuis 2001.
> SOS Sahel présente ses activités
"Les enfants sont les premières victimes"
"Au Sahel, un peu plus de 5 000 personnes sont mortes hier. Elles sont mortes de faim.
1,3 million d’enfants de moins de 5 ans sont en état de malnutrition aiguë, entraînant des diarrhées, des pneumonies, des paludismes, des rougeoles mortels. Ceux qui n’en meurent pas souffrent de carences en vitamines et en minéraux, bon nombre deviennent aveugles ou handicapés mentaux.
La cause de tous ces maux : la situation climatique, la désertification dans des pays où l’agriculture constitue encore le moteur de la vie. Arrêter le désert. C’est possible : en intervenant dans les domaines de l'eau et de l’assainissement, de la restauration des sols et de leur protection, de la santé primaire."
Marc FRANCIOLI
Président de SOS Sahel |
|