Jean Nouvel renonce à la tour Signal
Lâché par ses investisseurs, l’architecte retire son projet dans un contexte, paradoxalement, favorable au quartier d’affaires de La Défense.
Il a cependant précisé que le projet se fera "quand la crise se dissipera".
L'architecte Jean Nouvel renonce à faire bâtir la tour Signal à La Défense, faute d'investisseurs, a annoncé jeudi 18 mars Joëlle Ceccaldi-Raynaud, la présidente de l'Epad, établissement public d'aménagement de La Défense à l’occasion du Mipim, à Cannes. Jean Nouvel avait remporté, le 27 mai 2008, un concours auquel avaient participé les plus grands noms de l’architecture dont Daniel Libeskind, sir Norman Foster ou Jean-Michel Wilmotte. Annoncée à plus de trois cents mètres de hauteur, cette tour « Signal » devait être le geste architectural symbole du plan de renouveau de la Défense lancé le 25 juillet 2006 par Nicolas Sarkozy. Sa livraison était prévue pour 2013.
L’histoire se répète pour Jean Nouvel qui avait déjà dû renoncer à un projet comparable à la Défense, la tour Sans Fin, au début des années 90.
Le groupe espagnol Medea, qui devait être à l'origine l'investisseur, s'était déjà retiré du projet il y a quelque temps, victime de la crise immobilière dans la péninsule Ibérique.
Paradoxalement, d’autres projets de taille similaire à la tour Signal restent cependant en développement à la Défense. Le permis de construire de la tour Phare signée par un autre prix Pritzker, l’Américain Thom Mayne, a été signé le 8 mars dernier. Selon l’Epad, ceux des tours jumelles de la société Hermitage en bord de Seine seront déposés avant l’été. Par ailleurs, les conditions de cession des droits à construire pour cinq projets ont été approuvées par l’Epad à la fin du mois de janvier. Il s’agit des tours Air², Generali, Majunga, D2 et Carpe Diem. Cette dernière prendra la place de l’immeuble France Télécom dès la fin 2012.