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Perspectives de l'emploi en 2011
L’année 2011 devrait renouer avec les créations nettes d’emploi, mais à un rythme encore modéré. C'est ce que révèle la toute nouvelle étude "Perspectives de l'emploi en 2011" réalisée par Pôle emploi.

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Un contexte de crise

Sous l’effet conjugué de la modération salariale et du regain de l’inflation, le pouvoir d’achat restera sous tension, au moins à court terme. En outre, le niveau élevé du chômage fin 2009-début 2010 et les incertitudes encore importantes sur l’avenir vont pousser les ménages à reconstituer une épargne de précaution. La consommation risque ainsi de manquer de souffle dans les prochains mois.

L’investissement des entreprises ne devrait progresser que modérément en 2010. Interrogés en janvier sur leurs intentions d’investissements pour 2010, les chefs d’entreprise prévoient une hausse de leurs dépenses d’équipement de 1 %. Le degré d’incertitude sur les débouchés demeurant élevé et le taux d’utilisation des capacités de production restant encore très bas (74 % fin janvier 2010, très inférieur à son niveau de longue période proche de 84 %), il est peu probable que l’investissement rebondisse.

Les mesures du plan de relance n’ont pas vocation à être pérennes et le calendrier de retrait de ces mesures exceptionnelles constitue un fort aléa sur la croissance. En outre, la volonté d’assainissement budgétaire, face à un déficit public très élevé, devrait limiter la marge de manœuvre des pouvoirs publics.

Néanmoins, le commerce mondial, dynamisé par la demande intérieure des pays émergeants et par les effets des plans de relance mis en œuvre, devrait avoir un effet positif sur la croissance mondiale en 2010. L’ampleur de ce soutien resterait toutefois modérée dans le cas français.

La reconstitution des stocks, amorcée en fin d’année 2009, constituera un autre facteur positif de croissance pour le début d’année 2010.

Un niveau d’activité supérieur à celui du début de 2009. Au final, le rebond de l’activité à la mi-2009 permet d’aborder 2010 avec un niveau d’activité supérieur à celui du début de 2009, ce qui permettrait d’atteindre une croissance du PIB de + 1,6 % en 2010. La situation ne permet cependant pas d’espérer un retour rapide à la croissance potentielle à moyen terme. La progression du PIB pourrait ainsi être limitée à + 1,4 % en 2011.

 

Ralentissement des destructions d’emploi

En lien avec la très forte contraction du PIB en 2009, l’emploi salarié a enregistré un niveau record de destructions nettes d’emploi salarié (- 322 000 entre décembre 2008 et décembre 2009).

Toutefois, ces destructions d’emploi ralentissent au second semestre : 86 000 pertes nettes après 236 000 au premier semestre.
Tous les secteurs affichent une diminution de leurs effectifs. L’industrie est le secteur le plus touché, avec 182 200 destructions d’emploi sur l’année 2009, soit - 5,6 % sur un an. Ces pertes sont légèrement plus importantes au premier semestre (- 95 700) qu’au second (- 86 500).

Le tertiaire enregistre une légère remontée de ses effectifs sur le second semestre (+ 30 700), mais cela ne suffit pas à combler les fortes pertes du premier semestre (- 131 200). Sur l'année 2009, le tertiaire perd 100 500 emplois, soit un recul de 0,5 %.

Après onze années de croissance ininterrompue, la construction perd 39 000 emplois en 2009, soit un recul annuel de 2,6 %. Mais, à la différence des autres secteurs, les pertes d’emploi sont plus importantes sur le second semestre que sur le premier (- 30 000 contre - 10 000).

Principale variable d’ajustement de l’emploi à l’activité économique, l’emploi intérimaire a fortement chuté au premier semestre (- 75 000), avant de se redresser au second (+ 80 000 postes). Ce renversement de tendance laisserait entrevoir une légère amélioration du marché de l’emploi, qui se traduirait par un ralentissement des pertes d’emploi dans les mois à venir.

Cependant, le redémarrage des créations nettes d’emploi doit passer par une amélioration significative dans l’industrie. Or, le réveil de l’activité industrielle reste très timide (sur un an, l'activité est encore en baisse de près de 7,5 %) et les industriels revoient à la baisse leurs perspectives de production, notamment dans l’automobile, avec la fin programmée des aides gouvernementales. Le premier semestre 2010 continuera probablement d’être morose dans l’industrie.

La reprise s’essouffle déjà dans les services ; les entreprises interrogées s’attendant même à un ralentissement de leur activité au cours des prochains mois.

Les réductions d’effectifs ne sont donc pas terminées, même si l’hémorragie sera moindre au cours des prochains mois. En glissement annuel, les pertes d’emploi en 2010 devraient être de l’ordre de 57 000 pour l’emploi affilié et de 32 000 pour l’emploi total. L’année 2011 devrait renouer avec les créations nettes d’emploi, mais à un rythme encore modéré : + 74 000 pour l’emploi affilié et + 85 000 pour l’emploi total.

 

La progression du chômage s'atténue

Le chômage, reparti à la hausse en 2008 après plusieurs années de baisse, a connu une forte augmentation en 2009.

Le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie A* s’établit à 2 645 100 fin décembre 2009, ce qui représente une augmentation annuelle de 18,7 %. Le rythme de progression s'est ralenti tout au long de l’année. Ainsi, après avoir progressé de 13 % sur les six premiers mois de l’année, le nombre des DEFM A augmente de 5,1 % sur les six derniers mois dont 1,9 % sur le dernier trimestre.
Ces constats valent également pour les DEFM A*, B*, C* dont le nombre progresse annuellement de 18,2 % pour s’établir à 3 849 200 fin décembre 2009, en décélération sur les deux moitiés de l’année (+ 11,3 % au 1er semestre et + 6,2 % au second).

Toujours pour ce qui concerne les DEFM A*,B*,C*, la progression du chômage a été particulièrement marquée chez les hommes, puisqu’elle a été de 23,2 % sur l’année 2009, contre une augmentation de 13,7 % pour les femmes. En décembre, la proportion d’hommes parmi les demandeurs d’emploi a ainsi dépassé celle des femmes.
Les demandeurs d’emploi de 50 ans ou plus ont connu la hausse la plus forte en 2009 (+ 22,1 %), suivis des jeunes de moins de 25 ans (+ 20,2 %). Il faut également noter que, sur les six derniers mois, le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans n’augmente que de 3,6 %, alors qu’il augmente de 9,7 % chez les 50 ans ou plus.

L’augmentation de la population totale et la remontée du taux d’activité, en particulier chez les seniors, devraient continuer à faire progresser le nombre d’actifs sur les cinq prochaines années, mais à un rythme moins soutenu que les années précédentes.

Compte tenu de ces évolutions et de celles attendues de l’emploi, la tendance haussière du chômage devrait nettement s’atténuer en 2010 avant de s’infléchir en 2011. Ainsi, en 2010, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A progresserait de 94 000 avant de diminuer de 38 000 en 2011. Pour ce qui concerne les demandeurs d’emploi de catégories A*, B* et C*, leur nombre augmenterait de 135 000 en 2010, avant de baisser de 57 000 en 2011.

* Légende :
- Catégorie A : demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi et n'ayant exercé aucune activité
- Catégories B et C : demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi et ayant exercé une activité de moins (B) ou de plus (C) de 78 heures

 

En savoir Plus

- Lire notre article Perspectives de l'emploi 2010

Le site de Pôle emploi : www.pole-emploi.fr

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