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Les Segpa, du concret pour trouver sa voie
Au sein du collège, les Segpa dispensent un enseignement adapté pour les jeunes en grande difficulté scolaire. Souvent mal considérées, ces filières bénéficient dans les Hauts-de-Seine d’une attention particulière.

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CG92/OLIVIER RAVOIRE

 
 

Derrière la caisse, Justine annonce : « C’est 15 € et 77 centimes. » Patrick n’a que 15 € sur lui. « Qu’est-ce que tu fais dans cette situation ? » « Je demande à une personne dans la queue de me prêter de l’argent ? »
Au collège Danton de Levallois-Perret, les élèves de quatrième de la section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) font leurs courses. Une supérette a été reconstituée dans l’établissement pour leur faire découvrir les règles de la vie professionnelle. « Grâce à des mises en situation, je leur apprends à être sociable, à bien se tenir, à mieux s’exprimer », explique Martine Rondelle, l’enseignante chargée de l’atelier pratique. 

Les Segpa concernent les élèves qui, à la sortie du CM2, ne maîtrisent pas toutes les connaissances et compétences attendues pour intégrer une sixième ordinaire. Sur les conseils d’une commission départementale d’orientation, ils sont affectés dans cette structure par l’inspecteur d’académie après accord des parents. Ils y reçoivent un enseignement adapté qui les aide à rattraper leur retard et sont conduits à réfléchir à leur orientation. « Les élèves qui arrivent en Segpa ont peu d’estime pour eux. Notre objectif est de leur redonner confiance et de les remettre dans une dynamique de travail », explique Marie Lafont, directrice de la Segpa au collège Danton depuis trois ans.

 

Vers une formation qualifiante

À partir de la quatrième, les enseignements généraux se conjuguent avec des ateliers pratiques. « Il ne s’agit pas de faire acquérir aux élèves des techniques professionnelles, mais de leur donner des compétences transversales. Savoir respecter une consigne et communiquer autour du travail réalisé, cela sert dans n’importe quel métier. »

Une Segpa peut compter jusqu’à seize élèves et est coordonnée par un professeur des écoles spécialisé qui assure les cours de maths, français, histoire-géo et éducation civique. Il est secondé par des professeurs du collège pour les autres matières. « Les élèves que nous accueillons ne présentent pas tous les mêmes difficultés. Certains peuvent avoir des problèmes de langage, mais être très performants en maths. Nous favoriserons leur intégration en classe ordinaire pour les matières où ils se sentent à l’aise », précise Marie Lafont. Ce sont généralement des professeurs de lycée professionnel qui dirigent les ateliers pratiques.

À la fin de la troisième, l’élève de la Segpa obtient un certificat de formation générale, premier pas vers une formation qualifiante. Il a vocation à intégrer un lycée professionnel ou un centre de formation d’apprentis. « Ces élèves ont un gros avantage sur les autres parce qu’ils ont fait des ateliers. Ce sont globalement de bons élèves en lycée professionnel », estime Jean-Pierre Barthonnat, directeur de la Segpa du collège Romain-Rolland à Bagneux. Cuisine à faire pâlir d’envie les professionnels, matériel informatique, serre rutilante… des équipements très modernes sont mis à la disposition des enfants. Au collège Danton, les élèves de la filière Habitat découvrent non seulement la maçonnerie, la plomberie et l’électricité, mais ils sont initiés aux techniques plus récentes de la domotique.

Notre reportage vidéo au sein de deux SEGPA:

 

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Une orientation réfléchie

Selon les établissements, les filières des Segpa diffèrent. Aujourd’hui, cinq champs professionnels ont été définis: habitat, hygiène-alimentation-services, espace rural et environnement (anciennement appelé horticulture), vente-distribution-magasinage et production industrielle.
Chaque Segpa propose deux filières et, dans les Hauts-de-Seine, tous les champs sont représentés.

« Le conseil général, dans un département aussi urbain que le nôtre, a réussi l’exploit de créer trois Segpa "Horticulture" qui sont extrêmement porteuses d’emplois, souligne Isabelle Balkany, vice-président du conseil général chargé des Affaires scolaires. Nous rénovons le collège Georges-Pompidou à Villeneuve-la-Garenne. Il aura une Segpa horticulture supplémentaire magnifique, avec une serre superbe. Nous l’avons couplée, en accord avec l’inspection d’académie, avec une filière ‘Force de vente’, permettant aux enfants de ‘commercialiser’ les produits de leur pépinière. »

Les mains dans le terreau, Anwar, Adama et Mohammed font du rempotage. Ces élèves de troisième de la Segpa du collège Romain-Rolland s’appliquent à la tâche. Pourtant, tous ne souhaitent pas devenir jardiniers, loin s’en faut. Anwar veut être préparatrice en pharmacie, Adama aimerait « réparer des motos », quant à Mohammed, sa passion, c’est les moteurs électriques. « Après la troisième, les élèves ne choisissent pas forcément la spécialité de leur atelier », explique Jean-Pierre Barthonnat. Mais ils ont pensé à leur avenir professionnel, fait des stages, visité des entreprises. Les ateliers les ont aidés à construire un projet de formation réaliste et éclairé. Pour le directeur de la Segpa, le plus important
c’est de veiller à ce que « chaque élève ait une solution en sortant ».

Reine Paris

 

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Les différentes sections dans les collèges des Hauts-de-Seine

Consultez la liste des collèges bénéficiant de ce type d'enseignement adapté 

 
Site Internet du conseil général des Hauts-de-Seine

www.hauts-de-seine.net est un site du conseil général des Hauts-de-Seine